C’est la fin… ou pas!

Après nous être perdues dans l’immense Fnac des Ternes pour un malheureux ventilo portable, nous nous dépêchons avec Aure-Anne de rejoindre la Cigale en métro. Je me souviens que sur le chemin, nous sommes tombées sur des personnes qui arrêtaient les gens pour une asso, l’unicef ou quelque chose comme ça, et je crois qu’on a vécu le moment le plus wtf de cette journée. Le pauvre gars nous accoste, on lui dit qu’on est pressées comme jaja donc on continue de marcher et il nous suit en nous demandant où on va. Alors on lui dit qu’on va à un concert, et il enchaîne en demandant de qui, on lui répond Juliette Armanet et là il nous dit qu’il ne connait pas. On lui dit donc que c’est grave sympa ce qu’elle fait et qu’il faut qu’il écoute ! au final il n’a jamais pu nous parler de son asso et nous on a fait la propagande de l’armasecte. LUNAIRE.

Bref, à bout de souffle, nous arrivons sur place je crois sur les coups de 14h il y avait déjà des gens que l’on connaissait sur place, et notre premier rang était plutôt garanti, donc on était contentes. Il fait beau, presque trop, heureusement qu’on avait prévu les casquettes. Une fois posées, je passe aux choses sérieuses : LA BOUFFE. Heureusement, je vois qu’il y a un japonais à 50m, je décide de m’envoyer la bonne plâtrée de sushis qui me fera tenir jusqu’au bout de la nuit. Et comme d’habitude, je commande beaucoup trop. Là dessus, Benoît arrive de ses montagnes, puis les armanettes, qui partent aussi prendre des sushis, et on se retrouve avec 1 milliard de sushis à se partager sur le trottoir.

La bande continue de se réunir, Lily, puis Aurélien, Céline, bref j’aime tellement ces moments d’attente avec les amis, le corps souffre mais c’est tellement génial de partager ces moments d’attente, d’excitation, de jeu avec eux, ça me manque infiniment et je ne sais pas si je pourrais en supporter autant à la prochaine tourner, snif.

On a quand même eu notre petit coup de stress à l’ouverture des portes, comme d’habitude, mais nous avons réussi à être pas trop mal placés. D’ailleurs, juste avant d’entrer, j’ai vu que Elips (de drag race) était juste derrière moi dans la file, mais je n’ai pas eu le temps de lui dire bonjour, fallait speeder.

Le premier constat à l’intérieur de la salle c’est que ça va être un enfer. Il fait ULTRA chaud et on n’a jamais été aussi serrés. Vraiment pas la meilleure idée pour une autiste, mais bon, ce qui est bien c’est qu’on est collés directement à la scène, pas de barrières. On se faufile pour se prendre une bonne boisson et zéparti. Bon je dois être honnête, j’ai eu du mal avec la première partie de Clara Ysé. Nous on était surexcités comme JAJA et sa musique ne m’a pas emportée. Puis Juliette arrive et là c’est l’hystérie collective. J’ai pas le meilleur point de vue quand elle se trouve au piano, mais franchement c’est trop génial cette petite scène.

Le concert se déroule, je choppe une migraine ophtalmique de zinzin au moment de gonfler les ballons flamme sur « Le Dernier Jour du Disco », pire chanson pour chopper une migraine ophtalmique. Il faut savoir que chez moi, ça provoque un brouillage de ma vue temporaire qui fait que je ne vois plus d’un oeil pendant 20 minutes. En théorie je suis censée me mettre dans le noir les yeux fermés… AHAHA. Donc là, bah j’ai passé la majorité de la chanson les yeux fermés en sautant partout, c’était… particulier. Au final, ça n’a pas duré longtemps et je n’ai pas eu trop mal à la tête.

Puis arrive doucement la fin, et Juliette décide de faire une petite surprise. Toute l’équipe est sur scène et elle improvise une petite chanson. C’est une mélodie qu’elle avait partagé en story quelques semaines plus tôt et qui m’avait déjà bouleversée. Alors que mes copines étaient déjà en larmes depuis 3 chansons, j’avais plutôt bien résisté, en bonne autiste qui ne pleure jamais que je suis.

Mais là, dès la première phrase, je m’effondre comme un vulgaire château de cartes dans une cascade de larmes interminable. Faut dire que c’est du lourd, cette chanson. (Merci les copines pour la vidéo)

Je ne sais pas trop décrire ce que je ressens à ce moment là, ce que je sais c’est que c’est trop cool de pleurer avec tout le premier rang, et pas être encore la chelou de service qui semble ne rien ressentir.

L’instant d’après nous sommes déjà entrain de sauter et de chanter, et Juliette se jette au dessus de moi dans le public. APOTHEOSE. Le concert se termine sous une pluie de confettis, que nous ramassons pour garder le souvenir de cette soirée mémorable. Nathalie la best récupère quelques setlists du concert auprès des musiciens et fait la distribution, j’aime ce genre de petits souvenirs collectors.

Pour la petite histoire, nombreux d’entre nous retrouvent encore quelques années plus tard des confettis dans leurs affaires ahaha.

Pris par une soif du diable, nous nous dirigeons vers le bar dans le hall de la salle, je crois que je me souviendrais de ce coca toute ma vie, comme celui de Chamarande. J’avais si soif que j’en ai acheté 2. Il y a des gens de la Cigale qui distribuent des affiches du jour, hop là, encore un souvenir. Puis nous nous regroupons dans le hall, comme si nous n’avions pas envie de partir. Nous nous sommes donc mis à chanter et je pense que ce moment restera le moment le plus incroyable de toute cette tournée. Merci à Benoît d’avoir filmé ce moment de folie.

Je me souviens sortir de ce concert complètement fracassée, j’étais triste que ce soit le dernier et en même temps soulagée, car ces 3 ans m’avaient complètement vidée de mon énergie. Sur le chemin du retour, nous avons failli perdre Aure-Anne qui se faisait accoster à tous les bars à cause de ses boucles d’oreilles lumineuses, on a beaucoup trop ri.

On a enchaîné le lendemain avec l’enregistrement de l’émission Taratata, c’était vraiment très sympa, et le jour suivant, malgré un mal de ventre de zinzin bateaux mouches et drag race au casino de Paris avec Céline.

Je reprends mon train, la mort dans l’âme mais heureuse, le 17 Septembre. Vraiment j’ai jamais ressenti autant d’émotions en même temps ça n’avait absolument aucun sens. La redescente était hardcore, on va pas se mentir. Je me suis demandé ce que je pouvais faire pour que la descente soit moins violente, alors j’ai décidé d’écrire une chanson drôle, pour dédramatiser. J’avais déjà mon titre : « Juliette ».

Je sors mon téléphone et je commence à noter, en cherchant des rimes avec « Juliette ». Je ne sais pas ce qui s’est passé ce jour là, j’ai comme été frappée par le dieu de l’inspi. J’ai rapidement trouvé un refrain qui faisait « Juliette, t’es comme un refrain qui reste dans la tête / t’es comme un chewing-gum collé sous mes baskets / y’a rien à faire y’a juste à faire la fête / Rien que d’y penser y’a le temps qui s’arrête, Juliette ». Je me souviens me marrer toute seule dans le train et envoyer à mon chéri un sms pour lui dire que j’avais écrit le tube de l’année.

La chanson est écrite en même pas 30 minutes je crois. En rentrant, je décide de me mettre sur un site qui m’aide à la compo d’accords de piano et bingo, la chanson « Juliette » est née ce jour là. Il faut savoir qu’à Chamarande, toutes les copines s’étaient cotisées pour m’aider à financer mes futures chansons. J’ai donc décidé d’utiliser leur cagnotte pour cette chanson là, qui nous rassemble. Non seulement j’allais faire la chanson, mais je suis partie tout de suite très loin dans mon délire et j’ai décidé de tourner un clip à l’arrache, avec nos téléphones. Mon but : retourner devant les salles de Grenoble où j’ai vu Juliette en concert et tourner des images.

Si j’avais su ce que cette chanson et ce clip allaient engendrer quelques mois plus tard, je n’y aurais jamais cru…